L’Allemagne par les livres : Berlin année zéro de Giles Milton

Demandez à des Français à quoi correspond l’année zéro et vous n’aurez que peu de réponses. 

En Allemagne, la signification de l’année zéro est l’objet d’une des 330 questions du Einbürgerungstest, le test de connaissances de la culture allemande que vous devez passer (et réussir) pour prétendre à la nationalité allemande.

Parce que l’année zéro (mais aussi celles qui suivront) est un des jalons les plus importants ayant marqué l’histoire récente, une étape primordiale dans le processus de création de la république fédérale d’Allemagne.

L’année zéro outre-Rhin est l’année de la capitulation de l’Allemagne, l’année 1945, celle d’un pays qui ne peut plus tomber plus bas et qui prendra, quelques années plus tard, son destin en main. 

C’est aussi le titre du passionnant livre écrit par l’historien et écrivain anglais, Giles Milton, l’un des maîtres incontestés de l’histoire populaire, dont le récit est une véritable page turner.


Giles Milton reprend avec minutie et à la façon d’un roman à suspens, tous les épisodes qui se sont déroulés à Berlin et ont marqué les premières années d’après-guerre, de la conférence de Yalta en février 1945 à la signature du Traité de l’atlantique Nord le 4 avril 1949, traité dont le but premier était de créer un axe de défense occidental et de faire front au bloc soviétique, un pacte dont l’utilité est encore prouvée aujourd’hui.

Giles Milton commence par relater les deux mois qui suivent l’entrée des troupes russes dans Berlin, le sort des Berlinois (et surtout des Berlinoises), livrés à des barbares avides de vengeance, victimes de violence, de viols à répétition et de pillages systématiques, les sabotages, les enlèvements de scientifiques, les anciens nazis parfois protégés… puis l’arrivée des troupes américaines, anglaises et françaises, deux mois plus tard, leur manque de scrupules envers les Berlinois, peuple vaincu, leurs efforts pour faire fonctionner la ville malgré une destruction quasi totale et poser les premières pierres de la reconstruction.

Mais plus passionnant encore est le récit de la « coopération » des différentes forces en présence et, peu après l’enthousiasme de la victoire alliée, le conflit naissant et grandissant entre est et ouest… un front occidental apparaît rapidement pour contrer un commandement soviétique de plus en plus mesquin, menteur et  manipulateur. Une montée en puissance des dissensions qui aboutira à l’impensable : le blocus de la partie ouest de Berlin et l’organisation du plus grand pont aérien jamais réalisé, pour ne pas céder à la pression russe et assurer l’avenir du monde libre.

Au delà des rouages de l’organisation de ce pont aérien, c’est surtout le courage et l’endurance des Berlinois, déterminés à ne pas perdre leur liberté, qui seront la clé de la réussite de cette opération.

Le récit de Giles Milton est particulièrement passionnant et surtout très vivant.  Sont abordés, dans un style très journalistique, des faits connus ou moins connus, ponctués de témoignages d’illustres personnages de l’époque ou de Berlinois lambdas. 

A lire absolument !

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